Ce qu'il vous faut pour commencer
Le composteur bokashi se compose d'un seau hermétique équipé d'un robinet à la base pour récupérer le liquide de fermentation. Un compartiment avec tamis sépare les déchets du jus qui s'accumule dans le fond. Comptez un budget de 30 à 80 euros selon les modèles (Bokashi Organko, Skaza, Hozelock) ou fabriquez le vôtre en version maison pour 15 à 30 euros.
L'activateur bokashi est indispensable pour lancer la fermentation. Ce son de blé enrichi en micro-organismes efficaces (EM) se saupoudre sur chaque couche de déchets. Un sachet d'un kilo suffit pour plusieurs mois d'utilisation. Vous pouvez aussi fabriquer votre propre activateur avec du son, de la mélasse et une solution mère EM-1.
Pour un usage régulier, prévoyez deux seaux : pendant que l'un fermente, vous remplissez l'autre. Cette rotation permet un compostage continu sans interruption.
« Le bokashi transforme mes habitudes : zéro déchet organique à la poubelle depuis 18 mois. Même les restes de poisson y passent ! »
— Sandrine, utilisatrice quotidienne
Remplir le seau bokashi au quotidien
Déposez vos déchets alimentaires par couches de 3 à 4 centimètres maximum. Coupez les morceaux volumineux pour faciliter le contact avec les micro-organismes et accélérer la fermentation.
Tassez fermement chaque couche avec la palette fournie ou une cuillère pour chasser l'air. Le compostage bokashi est anaérobie : moins il y a d'oxygène, meilleure sera la fermentation.
Saupoudrez une cuillère à soupe d'activateur bokashi sur la surface. Pour une dispersion optimale, certains utilisent également un activateur liquide (mélasse + EM) vaporisé entre les couches.
Refermez immédiatement le couvercle. Ouvrez le seau une seule fois par jour pour y déposer les déchets de la journée. Chaque ouverture laisse entrer de l'air qui peut perturber le processus.
Ce que vous pouvez mettre dans le bokashi
Le compost bokashi accepte pratiquement tous les déchets de cuisine, y compris ceux interdits dans un composteur classique ou un lombricomposteur.
Déchets autorisés
- Épluchures de fruits et légumes crus ou cuits
- Restes de viande et de poisson
- Produits laitiers et croûtes de fromage
- Œufs et coquilles
- Pain, riz et pâtes
- Marc de café et sachets de thé
- Agrumes et ail
À éviter
- Liquides en grande quantité (soupes, sauces)
- Gros os
- Cendres
- Excréments d'animaux
- Matières non organiques
Cette polyvalence constitue l'un des principaux avantages du bokashi par rapport aux autres méthodes de compostage en appartement ou en maison.
Récupérer le jus de fermentation
Le liquide bokashi s'accumule dans le compartiment inférieur du seau. Purgez-le tous les deux à trois jours via le robinet pour éviter la stagnation et les mauvaises odeurs.
Ce "thé à compost" est un engrais liquide puissant pour vos plantes. Diluez-le au centième (10 ml pour 1 litre d'eau) avant d'arroser le jardin ou les plantes d'intérieur. Utilisé pur, il est trop acide et brûlerait les racines.
Le jus non dilué peut servir à déboucher et entretenir les canalisations. Les micro-organismes qu'il contient nettoient naturellement les tuyaux.
La phase de fermentation
Selon la quantité de déchets que vous produisez, le remplissage complet du seau prend deux à quatre semaines. Une fois plein, laissez fermenter encore quinze jours minimum sans l'ouvrir.
À maturité, le contenu dégage une odeur aigre-douce caractéristique, comparable à celle du vinaigre de cidre ou de la choucroute. Un dépôt blanchâtre en surface (moisissures blanches) indique une bonne fermentation. En revanche, des moisissures noires ou vertes signalent un problème d'étanchéité : le contenu a pourri au lieu de fermenter.
Le volume des déchets diminue peu pendant cette phase. Contrairement au compostage classique, le bokashi ne décompose pas la matière organique : il la fermente. Les déchets restent reconnaissables mais sont transformés chimiquement.
Utiliser le digestat fermenté
Le pré-compost bokashi ne s'utilise pas directement comme terreau. Son pH très acide (environ 3,5) brûlerait les racines des plantes. Il doit d'abord être incorporé à la terre ou mélangé à un compost existant.
Au jardin ou au potager
Enterrez le digestat sous 10 à 15 centimètres de terre. Attendez deux semaines avant de semer ou planter sur cette zone. Pendant ce temps, le sol neutralise l'acidité et les micro-organismes terminent la décomposition. Le résultat est un amendement extrêmement riche qui nourrit le sol et les plantes.
Pour les cultures en bac ou en pot
Mélangez le bokashi à de la terre dans un récipient non hermétique. Laissez reposer quinze jours à l'air libre pour stabiliser le pH, puis utilisez ce substrat enrichi pour vos plantations.
Vous pouvez aussi incorporer le digestat à un tas de compost classique où il servira d'activateur. Les micro-organismes efficaces accélèrent la décomposition des autres matières organiques.
Le bokashi en appartement : solutions pratiques
En appartement sans jardin, l'utilisation du digestat pose question. Plusieurs solutions existent pour valoriser votre compost bokashi.
Les plantes d'intérieur et de balcon bénéficient du jus dilué comme engrais liquide. Pour le digestat solide, préparez un bac de maturation : un grand pot ou une caisse remplie de terre où vous incorporez régulièrement le contenu du seau. Le mélange se transforme en terreau riche utilisable pour vos plantations.
Les jardins partagés et composteurs collectifs acceptent généralement les apports de bokashi. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou des associations locales. Certains voisins jardiniers seront ravis de récupérer cet amendement gratuit pour leur potager.
Bokashi ou lombricomposteur : quelle différence ?
Les deux méthodes conviennent au compostage en cuisine, mais fonctionnent différemment.
| Critère | Bokashi | Lombricomposteur |
|---|---|---|
| Déchets acceptés | Tous (viande, poisson, laitages, agrumes) | Végétaux uniquement |
| Processus | Fermentation anaérobie | Digestion par les vers |
| Résultat | Pré-compost à incorporer en terre | Compost prêt à l'emploi |
| Entretien | Tassage + activateur | Surveillance humidité/température |
L'idéal est de combiner les deux : le bokashi fermente les déchets que les vers ne peuvent pas digérer, puis le digestat peut être donné au lombricomposteur (après neutralisation de l'acidité) pour terminer la transformation.
Les erreurs à éviter
Ne laissez pas le seau ouvert trop longtemps. Chaque entrée d'air perturbe la fermentation anaérobie et favorise la putréfaction.
Purgez régulièrement le jus. Un excès de liquide stagnant provoque des odeurs désagréables et peut faire pourrir le contenu au lieu de le fermenter.
N'oubliez pas l'activateur. Sans les micro-organismes efficaces, les déchets ne fermentent pas correctement. Si votre bokashi sent mauvais (odeur de pourriture plutôt qu'aigre-douce), ajoutez davantage d'activateur.
Ne plantez jamais directement dans le digestat frais. Laissez toujours deux semaines de maturation en terre pour neutraliser l'acidité.
Ce qu'il faut retenir
Le bokashi est une méthode de compostage rapide et sans odeur, idéale pour la cuisine en appartement comme en maison. Le mode d'emploi se résume en quelques gestes quotidiens : déposer les déchets alimentaires, tasser, saupoudrer d'activateur, fermer. Après deux semaines de fermentation, le digestat s'incorpore au jardin ou dans un bac de maturation pour produire un amendement de qualité. Le jus récupéré via le robinet devient un engrais liquide puissant pour toutes vos plantes. Une solution simple et efficace pour réduire vos déchets organiques tout en nourrissant votre sol.
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