Tutoriel DIY Mis à jour le 23 janvier 2026

Fabriquer son seau bokashi

Pourquoi dépenser 70 à 100 euros dans un composteur de cuisine quand on peut fabriquer son propre seau bokashi pour moins de 20 euros ? Ce projet DIY est accessible à tous, ne demande qu'une heure de travail et permet d'obtenir un composteur aussi efficace que les modèles du commerce. On vous explique tout, étape par étape.

Le principe du seau bokashi fait maison

Un composteur bokashi fonctionne sur un principe simple : deux récipients emboîtés, un système de drainage pour récupérer le jus de fermentation, et un couvercle hermétique pour maintenir les conditions anaérobies. Le bac intérieur, percé de trous, contient les déchets de cuisine. Le bac extérieur récupère le liquide qui s'écoule pendant la fermentation. Un robinet permet de soutirer régulièrement cet engrais liquide.

Cette méthode de compostage japonaise repose sur l'action des micro-organismes efficaces qui fermentent la matière organique au lieu de la décomposer. Le résultat ? Pas de mauvaises odeurs, pas d'insectes, et un processus qui fonctionne même en appartement.

Le matériel nécessaire pour fabriquer un bokashi

Avant de commencer, rassemblez tout le matériel. La liste est courte et le budget très raisonnable.

Pour la structure du composteur, il vous faut deux seaux en plastique alimentaire de même taille (15 à 20 litres), empilables, avec un couvercle hermétique. On en trouve facilement en jardinerie, en magasin de bricolage ou en récupération. Les seaux de peinture vides font aussi l'affaire une fois bien nettoyés.

Pour le système de drainage, procurez-vous un petit robinet plastique type robinet de cuve ou de récupérateur d'eau. Comptez 3 à 5 euros en magasin de bricolage. Si vous voulez une version encore plus économique, vous pouvez utiliser un simple bouchon percé avec un tube, mais le robinet reste plus pratique au quotidien.

Côté outils, une perceuse avec des mèches de 2-3 mm et une mèche plus large (diamètre du robinet, généralement 20-26 mm) suffit. Ajoutez un cutter, un crayon pour marquer et du ruban adhésif isolant ou du mastic silicone pour assurer l'étanchéité.

Budget total : entre 15 et 25 euros selon que vous récupériez ou achetiez les seaux.

Les étapes de fabrication du bac bokashi

Préparer le seau intérieur (le bac à déchets)

Le seau intérieur va recevoir vos déchets organiques. Son fond doit être percé pour laisser s'écouler le liquide de fermentation vers le bac du dessous.

Retournez le seau et percez entre 20 et 30 trous dans le fond, répartis uniformément. Utilisez une mèche de 2 à 3 mm de diamètre. Ces trous doivent être assez nombreux pour un bon drainage, mais pas trop grands pour éviter que les petits morceaux de déchets ne passent à travers.

Si vous voulez améliorer le filtrage, vous pouvez ajouter une grille ou un morceau de moustiquaire au fond du seau. Ce n'est pas indispensable, mais ça évite que des résidus bouchent les trous avec le temps.

Préparer le seau extérieur (le réservoir à jus)

Le seau extérieur sert de réservoir pour le jus bokashi. C'est sur celui-ci qu'on installe le robinet.

Marquez l'emplacement du robinet le plus bas possible, à environ 1 à 2 cm du fond. Percez un trou au diamètre exact du robinet (généralement 20 à 26 mm selon le modèle). Utilisez une mèche plate ou un trépan adapté.

Installez le robinet en veillant à bien serrer l'écrou et le joint d'étanchéité. Si votre robinet n'a pas de joint, appliquez un cordon de mastic silicone ou de la colle adaptée au plastique pour garantir l'étanchéité. Laissez sécher avant utilisation.

Assembler le composteur de cuisine

Emboîtez le seau intérieur dans le seau extérieur. Le fond du seau percé doit se retrouver quelques centimètres au-dessus du fond du seau extérieur, pour laisser de la place au liquide qui va s'accumuler.

Si vos deux seaux s'emboîtent parfaitement, vérifiez qu'il reste bien un espace entre les deux fonds. Sinon, vous pouvez placer des petites cales (bouchons de liège, morceaux de bois) pour surélever légèrement le seau intérieur.

Pour une fermeture vraiment hermétique, colmatez l'espace entre les bords des deux seaux avec du ruban adhésif isolant. L'objectif est d'empêcher l'air d'entrer par les côtés. Le couvercle du seau intérieur assure la fermeture principale.

Votre composteur bokashi maison est prêt ! Il ne manque plus que l'activateur pour démarrer.

Astuce récup' : Les restaurants, cantines et boulangeries jettent régulièrement des seaux alimentaires de 15-20L. N'hésitez pas à leur demander — c'est gratuit et ça évite le gaspillage.

Fabriquer son activateur bokashi maison

L'activateur est ce qui distingue le bokashi d'une simple poubelle fermée. Il contient les micro-organismes efficaces (bactéries lactiques, levures) qui vont transformer vos déchets par fermentation.

La méthode avec un starter du commerce

La solution la plus simple pour débuter : achetez un sachet d'activateur bokashi (environ 10 euros le kilo) et utilisez-le pour créer votre propre culture de micro-organismes.

Dans un bocal hermétique d'un litre, mélangez un tiers de support (son de blé, marc de café ou riz cuit), cinq cuillères à soupe de sucre non raffiné (mélasse ou sucre roux), et une cuillère à soupe d'activateur du commerce. Complétez avec de l'eau tiède, fermez hermétiquement et laissez fermenter un mois à température ambiante.

Vous obtenez alors une réserve de micro-organismes que vous pouvez réalimenter indéfiniment en ajoutant régulièrement du support et du sucre. Plus besoin de racheter d'activateur.

La méthode 100% maison avec lacto-fermentation

Pour une autonomie totale, vous pouvez créer vos micro-organismes à partir de légumes lacto-fermentés. Préparez une choucroute maison ou des légumes lacto-fermentés pendant une semaine, puis récupérez le jus riche en bactéries lactiques.

Dans votre bocal, mélangez le support (son, marc de café, riz ou céréales), le sucre non raffiné pour nourrir les bactéries, et le jus de lacto-fermentation à la place de l'activateur commercial. Laissez fermenter un mois avant utilisation.

Cette méthode demande un peu plus de patience, mais elle vous rend totalement autonome et s'inscrit parfaitement dans une démarche zéro déchet.

Utiliser son seau bokashi fait maison

Le fonctionnement est identique à un composteur du commerce. Déposez vos déchets de cuisine en couches de 3 à 4 cm, tassez bien pour chasser l'air, et saupoudrez d'activateur bokashi. Refermez immédiatement le couvercle pour maintenir l'anaérobie.

Tous les deux ou trois jours, soutirez le jus qui s'accumule via le robinet. Ce liquide de fermentation est un excellent engrais naturel à diluer (10 ml pour 1 litre d'eau) pour arroser vos plantes. Utilisé pur, il débouche efficacement les canalisations.

Quand le seau est plein (comptez deux à trois semaines selon votre production de déchets), laissez-le fermé encore 14 jours pour finir la fermentation. Pendant ce temps, utilisez un deuxième seau si vous en avez fabriqué un — c'est d'ailleurs recommandé pour un usage continu.

Après la maturation, le contenu peut être enterré dans le jardin, ajouté au compost traditionnel ou mélangé à du terreau. En quelques semaines, il se transformera en humus riche pour vos plantes.

Bokashi DIY vs modèles du commerce : le comparatif

Un seau bokashi fait maison fonctionne exactement sur le même principe que les modèles vendus en magasin. La fermentation, les micro-organismes efficaces, le jus récupéré — tout est identique.

Les différences se situent surtout au niveau de l'esthétique et des finitions. Un Skaza Organko ou un Bokashi Confort présente un design plus travaillé, des joints parfaitement ajustés, parfois un système de pression pour tasser les déchets. Mais ces avantages se paient 60 à 90 euros.

Votre version maison coûte cinq fois moins cher et fait exactement le même travail. Elle est même plus facile à réparer ou modifier si besoin. Le seul vrai inconvénient : elle prend un peu plus de place si vous utilisez des seaux standards de 15-20 litres.

Pour les petits espaces, vous pouvez adapter le principe avec des seaux plus compacts, type seaux de 10 litres. Le résultat sera plus petit mais tout aussi fonctionnel.

Questions fréquentes sur la fabrication d'un bokashi

Quels seaux utiliser pour fabriquer un bokashi ?

Privilégiez des seaux en plastique alimentaire avec couvercle hermétique. Les seaux de 15 à 20 litres offrent une bonne capacité. Vous pouvez récupérer des seaux de peinture ou de produits alimentaires (restaurants, cantines) à condition de bien les nettoyer.

Le bokashi maison sent-il mauvais ?

Non, si vous respectez les règles : couvercle bien fermé, activateur en quantité suffisante, jus soutiré régulièrement. Une légère odeur aigre-douce à l'ouverture est normale et disparaît en quelques secondes.

Peut-on fabriquer un bokashi avec un seul seau ?

Techniquement oui, mais vous perdez le système de drainage. Le jus stagnera au fond et risque de faire pourrir les déchets au lieu de les fermenter. Le système à deux seaux est vraiment le minimum pour un bokashi efficace.

Combien de temps dure un seau bokashi fait maison ?

Avec des seaux de bonne qualité, plusieurs années sans problème. Le robinet est la pièce la plus susceptible de s'user, mais il se remplace facilement pour quelques euros.

Faut-il deux seaux pour démarrer ?

Un seul suffit pour découvrir la méthode. Mais pour un usage régulier sans interruption, fabriquez-en deux : pendant que l'un mature, l'autre se remplit.

Ce qu'il faut retenir

Fabriquer son propre composteur bokashi est un projet simple, économique et gratifiant. Pour moins de 25 euros et une heure de bricolage, vous obtenez un système de compostage aussi performant que les modèles vendus 80 euros. Ajoutez-y la fabrication de votre propre activateur, et vous disposez d'une solution de valorisation des déchets de cuisine totalement autonome — exactement ce qu'on recherche dans une démarche zéro déchet.

Étape suivante

Installer le robinet

Tutoriel détaillé pour poser le robinet de vidange sur votre seau bokashi.