Comprendre Mis à jour le 20 janvier 2026 · 10 min de lecture

Bokashi vs compost

Quelle méthode choisir ? Comparatif complet selon votre habitat et vos besoins.

Vous voulez recycler vos déchets de cuisine mais hésitez entre le bokashi et le compostage traditionnel ? Ces deux approches répondent à des besoins différents selon votre habitat et votre mode de vie. Voici un comparatif pour faire le bon choix.

Deux processus de décomposition fondamentalement différents

Le compostage traditionnel et le bokashi ne fonctionnent pas du tout de la même manière. Comprendre cette différence est essentiel pour choisir la méthode adaptée à votre situation.

Le compost traditionnel : une décomposition aérobie

Le bac à compost utilise un processus de décomposition aérobie — c'est-à-dire avec oxygène. Des micro-organismes et des bactéries présents naturellement dans le sol décomposent la matière organique. Ce processus nécessite un équilibre entre matières vertes (épluchures, tontes de gazon) et matières brunes (feuilles mortes, branchages, carton).

La décomposition prend plusieurs mois et exige un entretien régulier : retournement du tas, contrôle de l'humidité, aération. Le résultat est un amendement mûr directement utilisable au jardin ou au potager.

Le bokashi : une fermentation anaérobie

Le bokashi fonctionne à l'inverse : c'est un processus de fermentation anaérobie, sans oxygène. Les déchets fermentent dans un seau hermétique grâce à l'action de micro-organismes efficaces (EM) — des bactéries lactiques et des levures similaires à celles du yaourt.

Cette méthode produit en deux semaines une matière organique fermentée, le pré-compost, encore trop acide pour être utilisée directement. Elle doit être enterrée dans le sol ou ajoutée à un bac à compost pour se neutraliser.

Les déchets acceptés : avantage bokashi

C'est la différence majeure entre ces deux méthodes.

Le bokashi accepte tous les déchets de cuisine sans exception : épluchures, restes de repas, viande crue ou cuite, poisson, crustacés, produits laitiers, œufs, pain, marc de café. Tout ce qui est organique passe dans le seau.

Le bac à compost est plus restrictif. Les restes d'origine animale (viande, poisson, produits laitiers) y sont généralement interdits car ils attirent les nuisibles et génèrent des odeurs. Les agrumes et oignons en grande quantité sont également déconseillés.

En revanche, le tas de jardin accepte les déchets verts : tontes de gazon, feuilles mortes, branchages, mauvaises herbes. Le bokashi, lui, ne traite que les restes de cuisine.

L'espace nécessaire : avantage bokashi

Le bokashi ne demande qu'un petit seau de 15 à 20 litres, compact et adapté aux espaces réduits. Il trouve sa place sous l'évier ou dans un coin de cuisine. Cette méthode convient parfaitement aux appartements et aux maisons sans jardin.

Le compost traditionnel nécessite un espace extérieur — jardin, cour, voire grand balcon pour les modèles compacts. Le bac prend de la place et doit être accessible pour le retournement et l'aération.

La vitesse de transformation : avantage bokashi

Le bokashi est nettement plus rapide. Après deux semaines de fermentation dans le seau, la matière est prête à être enterrée. Comptez deux semaines supplémentaires pour qu'elle se neutralise dans le sol. Au total, environ un mois suffit.

Le tas de jardin prend plusieurs mois, voire un an selon les conditions. La décomposition ralentit ou s'arrête par temps froid.

L'entretien au quotidien

Le tas de jardin demande des interventions régulières : retournement mensuel, équilibrage carbone/azote, contrôle de l'humidité, aération. Sans ces gestes, il peut mal se décomposer ou attirer des nuisibles.

Le bokashi est plus simple : vous ajoutez vos déchets, saupoudrez de l'activateur, tassez et refermez. Mais il impose de vidanger le jus tous les trois à cinq jours et de trouver une solution pour vider le seau une fois plein.

Le coût sur la durée : avantage compost

Le bac de jardin ne coûte presque rien à l'usage. L'investissement initial peut même être nul si vous le fabriquez vous-même ou si votre commune en distribue gratuitement.

Le bokashi implique des frais récurrents. L'activateur doit être renouvelé — comptez 40 à 60 € par an. Sur cinq ans, le budget atteint 250 à 400 €.

Le résultat obtenu : des produits différents

Le tas de jardin produit un amendement mûr, stable et directement utilisable. Vous pouvez l'incorporer au sol ou l'épandre au pied de vos plantes sans risque.

Le bokashi ne produit pas d'amendement fini. La matière fermentée doit être enterrée ou ajoutée à un bac pour achever sa transformation. En revanche, le liquide constitue un excellent engrais une fois dilué.

Les odeurs : match nul (si bien géré)

Ni le compost bien entretenu ni le bokashi bien utilisé ne dégagent d'odeurs désagréables.

Le tas de compost peut sentir mauvais en cas de déséquilibre (trop humide, trop de matières azotées, manque d'aération). Bien géré, il sent la terre de forêt.

Le seau bokashi fermé ne sent rien. À l'ouverture, une odeur aigre-douce type vinaigre ou choucroute s'échappe — supportable pour certains, désagréable pour d'autres. Le jus, lui, sent franchement fort.

Tableau comparatif

Critère Bokashi Compost traditionnel
Processus Fermentation anaérobie Décomposition aérobie
Emplacement Intérieur (cuisine) Extérieur (jardin)
Espace nécessaire Minimal (seau 15-20 L) Moyen à grand
Déchets de cuisine Tous, y compris viande Limités (pas de viande)
Déchets verts Non Oui
Durée 2 à 4 semaines 3 à 12 mois
Coût récurrent 40-60 €/an Quasi nul
Produit fini Pré-compost à enterrer Amendement mûr

Comment choisir ?

Choisissez le bokashi si :

Vous vivez en appartement ou en maison sans jardin. Vous cuisinez régulièrement viande, poisson et produits laitiers. Vous produisez un petit volume de déchets. Vous avez accès à un compost collectif ou à un jardin partagé pour vider votre seau.

Choisissez le compost traditionnel si :

Vous avez un jardin, même petit. Vous produisez des déchets verts (tontes, feuilles, tailles). Vous préférez un système autonome sans frais récurrents. Vous acceptez un processus de plusieurs mois.

Combinez les deux

Une tendance émerge : utiliser le bokashi comme pré-traitement avant d'alimenter le bac de jardin. Cette combinaison permet de recycler tous les déchets de cuisine, y compris viande et produits laitiers, tout en obtenant un amendement mûr. Les deux se complètent parfaitement.

💡 Le conseil des pros : Si vous avez un jardin et voulez valoriser 100% de vos déchets, le duo bokashi + compost est la solution optimale. Le bokashi traite les restes de cuisine "difficiles", le compost finalise la transformation.

FAQ

Le bokashi remplace-t-il le compost ?

Non. Il produit un pré-compost qui doit être finalisé — enterré dans le sol ou ajouté à un bac. Il ne remplace pas le compostage mais peut le compléter.

Peut-on ajouter du bokashi dans un bac à compost ?

Oui, c'est même une excellente pratique. La matière fermentée se décompose plus rapidement. Ajoutez-la en petites quantités et mélangez bien.

Quel système est le plus écologique ?

Les deux réduisent vos déchets et produisent un amendement naturel. Le tas de jardin a une empreinte légèrement inférieure, mais le bokashi valorise des déchets que l'autre refuse.

Le lombricomposteur est-il une alternative ?

Oui. Il produit un amendement mûr comme le bac de jardin, mais fonctionne en intérieur comme le bokashi. Toutefois, il refuse viande, poisson et produits laitiers.

Mon verdict

Il n'y a pas de meilleure méthode universelle — tout dépend de votre situation.

Le compostage traditionnel reste la référence pour ceux qui ont un jardin. Simple, gratuit à l'usage et éprouvé depuis des siècles, il transforme vos déchets en or noir pour vos plantations.

Le bokashi s'impose pour les citadins et ceux qui veulent recycler tous leurs restes de cuisine sans exception. Son format compact et sa rapidité en font une solution pratique pour les appartements.

Dans l'idéal, combinez les deux : le bokashi en cuisine, et le bac au jardin pour finaliser la transformation.

Prêt à vous lancer ?

Découvrez le bokashi

Consultez notre guide pour bien choisir votre composteur.